Le Collectif Argos célèbre 25 ans de reportage avec « Fragments d’un monde tangible »

Forêts, océans, villes, territoires ruraux… Depuis 25 ans, le Collectif Argos arpente le monde pour documenter les transformations de notre environnement. À l’occasion de cet anniversaire, l’équipe de la Fondation Iris est allée découvrir Fragments d’un monde tangible, une exposition qui rassemble 25 ans de reportages au 100ecs, à Paris.

 

En entrant dans l’exposition, les images se répondent. Une mine qui éventre la montagne, une ville gagnée par les eaux, une forêt grignotée par l’urbanisation… Mais aussi des habitants qui résistent, des communautés qui s’organisent et des collectifs qui cherchent, sur le terrain, d’autres façons d’habiter le monde.

Ici, pas de parcours chronologique : l’exposition se construit par « archipels d’émotions », qui font dialoguer des images et des récits réalisés à différentes époques : L’embrasement du monde, L’Odyssée de l’espèce, La fin de l’humanité au XXe siècle, Les damnés de la Terre, Les lucioles de la résistance ou encore L’humanité qui renaît. D’un archipel à l’autre, les histoires circulent, les époques se répondent et les liens apparaissent.

 

Documenter les transformations à l’oeuvre

 

Ces liens sont au cœur de la démarche du Collectif Argos. Depuis sa création, ses journalistes et photo-reporters privilégient le temps long : ils s’immergent dans les territoires, rencontrent celles et ceux qui les habitent et reviennent sur les mêmes terrains. Une manière de dépasser l’image instantanée pour documenter les transformations à l’œuvre et les rendre sensibles à travers des histoires singulières.

Cette approche permet aussi de montrer ce qui se joue au-delà des bouleversements eux-mêmes : les relations entre les humains et les autres vivants, les fragilités des territoires, mais aussi les solidarités et les initiatives qui y prennent forme.

 

Face aux bouleversements, l’action

 

Au fil du parcours, une continuité se dessine entre les reportages d’hier et le monde d’aujourd’hui. Certaines alertes sont devenues des réalités : dérèglement du climat, érosion de la biodiversité, transformation des paysages ou tensions autour des ressources.

Mais l’exposition ne s’arrête pas aux constats. Aux côtés des bouleversements apparaissent des initiatives locales, des formes de résistance et des manières de préserver les communs. Les derniers « archipels » ouvrent ainsi une autre perspective : celle d’une humanité qui cherche encore des chemins pour se réinventer.

Inspirée d’Argos, le veilleur aux cent yeux de la mythologie grecque, l’exposition invite à multiplier les regards. Une démarche qui fait écho à l’engagement de la Fondation Iris, qui soutient le travail du Collectif Argos depuis 2020 et accompagne, à travers lui, une démarche de reportage au long cours sur les transformations de notre environnement.

 

L’exposition Fragments d’un monde tangible est à découvrir au 100ecs, à Paris, jusqu’au 28 octobre 2026.

Photos : Marie Dormoy